Le débat sur une éventuelle révision de la Constitution en République démocratique du Congo prend une nouvelle tournure. La plateforme politique au pouvoir, l’Union sacrée de la nation (USN), vient d’annoncer l’ouverture d’une large consultation nationale destinée à recueillir les propositions des citoyens et des forces vives.
Dans un communiqué signé par le professeur André Mbata Betukumesu Mangu, secrétaire permanent de la plateforme, cette initiative est présentée comme une réponse à l’intérêt croissant suscité ces derniers mois autour de la question constitutionnelle.
Plutôt que de circonscrire le débat au seul champ politique, l’USN affirme vouloir l’élargir à toutes les composantes de la société. Sont ainsi appelés à contribuer : partis et regroupements politiques, organisations de la société civile, confessions religieuses, syndicats, ONG de défense des droits humains, ordres professionnels, universitaires et juristes, ainsi que tout citoyen désireux de participer à cette réflexion nationale.
Cette démarche se veut inclusive, englobant également les Congolais de la diaspora répartis à travers le monde, invités eux aussi à faire entendre leur voix sur l’avenir institutionnel du pays.
Un calendrier précis a été fixé : les contributions devront être soumises au plus tard le 20 mai 2026. Passé ce délai, une commission technique sera chargée d’examiner, de synthétiser et d’évaluer les différentes propositions recueillies. Le rapport final sera ensuite transmis au président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, en sa qualité de haute autorité politique de l’USN.
Pour les initiateurs, cette consultation vise à adapter la loi fondamentale aux évolutions du pays et à consolider le fonctionnement des institutions. Mais cette relance du chantier constitutionnel intervient dans un contexte politique sensible, où toute perspective de réforme suscite des interrogations.
Si les partisans y voient une opportunité de modernisation de l’État, des voix critiques pourraient y déceler un risque de remise en cause des équilibres institutionnels actuels. La suite du processus dépendra en grande partie de la nature des propositions recueillies et du climat politique dans lequel elles seront examinées.
Une chose est certaine : avec cette initiative, le débat sur l’avenir de la Constitution congolaise est désormais pleinement relancé.








