Le président de la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH), Paul Nsapu, a annoncé l’ouverture d’une enquête sur les incidents survenus lors des manifestations du 12 juin en République démocratique du Congo, promettant la publication d’un rapport détaillé au cours de la semaine.
Intervenant sur un espace X, Paul Nsapu a indiqué que plusieurs personnes interpellées avaient déjà été remises en liberté. « Les autres cas ont été libérés, sauf trois membres des mouvements citoyens qui se trouveraient aux Services spéciaux, où nous allons suivre ce cas-là demain. Et peut-être cette nuit, sur notre intervention, ils peuvent être libérés », a-t-il déclaré.
Concernant le bilan humain, le président de la CNDH s’est montré prudent, affirmant ne pas être en mesure de confirmer les informations faisant état de deux décès. « Je ne confirme pas un mort parce qu’on n’a pas retrouvé le deuxième mort dont on parle tant. On a retrouvé un qui était dans un état très difficile. Ce monsieur est en vie », a-t-il expliqué, ajoutant avoir personnellement vu cette personne tout en refusant de révéler son lieu de prise en charge pour des raisons de sécurité.
Paul Nsapu a précisé que les investigations visent à établir les responsabilités de manière impartiale. « Nous devons démontrer les faits, aller vers tous les acteurs sans distinction, et présenter la photographie de la gestion de cette manifestation pacifique au départ ainsi que les dérives et provocations qu’il y a eu de part et d’autre », a-t-il souligné.
Selon les premières estimations de la CNDH, le nombre total de victimes – comprenant les personnes arrêtées, interpellées ou portées disparues – ne devrait pas dépasser une trentaine.
Le président de l’institution a également indiqué qu’un autre manifestant, actuellement détenu au camp Lufungula, serait en instance de libération. Il s’agirait de l’homme aperçu sur certaines vidéos aux côtés de l’opposant Martin Fayulu, tentant selon lui de le protéger.
Par ailleurs, Paul Nsapu a évoqué le cas d’un jeune homme âgé d’environ 18 à 20 ans qui aurait reconnu devant les officiers de police judiciaire être en possession d’une machette ramassée aux abords du Palais du Peuple pendant les manifestations. Selon ses déclarations rapportées par la CNDH, ce dernier aurait affirmé appartenir à l’opposition.
La Commission nationale des droits de l’homme assure poursuivre son enquête et promet de publier, dans les prochains jours, un rapport détaillé sur les circonstances des événements, le nombre exact de victimes et les responsabilités éventuelles des différentes parties impliquées.
Ces développements ravivent également le souvenir de l’affaire concernant la journaliste d’Authentik.cd et activiste de la Dynamique Sociale pour le Développement et la Paix (DSDP), Divine Mwaluke Kandolo. Le 24 mars dernier, alors qu’elle couvrait au rond-point Ngaba une manifestation de jeunes de la coalition Lamuka contre un projet de révision de la Constitution, elle avait été interpellée dans des circonstances dénoncées comme brutales par ses soutiens. Son arrestation et les conditions de sa détention avaient suscité de vives réactions de la société civile ainsi que de plusieurs organisations de défense des droits humains, qui avaient appelé au respect de la liberté de la presse et des droits fondamentaux.
E.Ndjungu








