Kinshasa, 24 avril 2026 — Le président de l’Alliance pour le changement, Jean-Marc Kabund, a fermement rejeté toute possibilité de révision de la Constitution dans le contexte actuel, dénonçant une initiative politiquement motivée et juridiquement inopportune.
S’exprimant lors d’un meeting organisé à Kinshasa à l’occasion du premier anniversaire de l’enregistrement officiel de son parti et du quatrième anniversaire de sa création, l’ancien premier vice-président de l’Assemblée nationale a dressé un tableau critique de la situation sécuritaire, économique et sociale du pays.
Un rejet catégorique de la révision
Au cœur de son intervention, une position sans équivoque : aucune révision constitutionnelle ne peut, selon lui, être envisagée dans les conditions actuelles.
S’appuyant sur l’article 219 de la Constitution, Kabund a rappelé que toute révision est interdite en période de guerre, d’état d’urgence ou d’état de siège — des situations que connaît actuellement la République démocratique du Congo dans certaines de ses provinces.
Pour l’opposant, le débat lancé par l’Union sacrée de la Nation sur une éventuelle réforme constitutionnelle ne repose pas sur une base légale solide, mais relèverait plutôt d’une stratégie politique.
« Le changement de Constitution n’est pas prévu »
Au-delà de la révision, Kabund a également rejeté l’idée d’un changement de Constitution, qu’il estime non prévu par la loi fondamentale. Revenant sur l’histoire politique du pays, il a souligné que les précédents changements de Constitution sont intervenus à la suite de bouleversements majeurs, notamment le coup d’État de 1965 et la rébellion de 1997.
Selon lui, ces précédents ne peuvent en aucun cas servir de modèle dans un cadre démocratique.
Mise en garde contre un passage en force
Dans un ton particulièrement ferme, Kabund a mis en garde contre toute tentative de passage en force du pouvoir en place. Il a estimé qu’une telle démarche pourrait entraîner des conséquences politiques majeures et ouvrir la voie à une nouvelle transition institutionnelle.
Il a également adressé un message direct au président de la République, Félix Tshisekedi, l’appelant à privilégier une sortie « par la grande porte », en référence aux transitions souvent tumultueuses ayant marqué l’histoire politique congolaise.
Une Constitution « œuvre des Congolais »
Par ailleurs, l’opposant a dénoncé ce qu’il qualifie de campagne de désinformation autour de la Constitution actuelle, rejetant toute thèse selon laquelle celle-ci serait d’inspiration étrangère.
Il a insisté sur le fait que la loi fondamentale en vigueur est le fruit d’un consensus national, adopté dans un contexte de sortie de crise et de réunification du pays.
Un climat politique sous tension
Ces déclarations interviennent alors que la majorité présidentielle poursuit des consultations avec les forces vives en vue d’éventuelles réformes institutionnelles, alimentant les tensions avec une opposition de plus en plus critique.
Le débat autour de la Constitution s’annonce ainsi comme l’un des principaux points de friction du paysage politique congolais à l’approche des prochaines échéances électorales.








