Uvira, 6 mai 2026.
La ville d’Uvira est de nouveau sous forte menace sécuritaire. Depuis l’aube de ce mercredi, de violents affrontements opposent les rebelles de l’AFC/M23, appuyés selon plusieurs sources par les Forces de défense rwandaises (RDF), aux Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et aux groupes d’autodéfense Wazalendo.
Les combats se concentrent dans la plaine de la Ruzizi, notamment dans les localités de Kigoro, Kigurwe et Kabunambo, situées à environ 26 kilomètres au nord d’Uvira, sur l’axe stratégique de la RN5.
Panique et déplacements de populations
Selon plusieurs témoignages recueillis sur place, des tirs d’armes lourdes et légères ont été entendus durant toute la matinée, provoquant un mouvement de panique parmi les populations civiles.
Des familles ont fui précipitamment leurs habitations, emportant le strict minimum, alors que certaines zones se transforment progressivement en théâtre d’opérations militaires.
Aucun bilan officiel n’était encore disponible mercredi en mi-journée. Toutefois, la proximité des affrontements avec la ville d’Uvira alimente une vive inquiétude parmi les habitants.
Une zone stratégique sous haute tension
La plaine de la Ruzizi constitue un corridor stratégique reliant le lac Tanganyika à la frontière burundaise. Cette région reste l’un des principaux points de tension dans le conflit qui secoue l’est de la RDC.
Déjà occupée en décembre 2025 par le M23 avant d’être reprise en janvier 2026 par les FARDC et leurs alliés, Uvira se retrouve à nouveau exposée à une possible offensive rebelle.
Bien que la ville demeure pour l’instant sous contrôle gouvernemental, l’évolution rapide des combats fait craindre une nouvelle détérioration sécuritaire.
Les accords de Washington fragilisés
Cette reprise des hostilités intervient dans un contexte diplomatique sensible, plusieurs mois après les Accords de Washington du 4 décembre 2025 conclus entre Félix Tshisekedi et Paul Kagame, sous médiation de Donald Trump.
Ces accords visaient à favoriser une désescalade militaire dans la région des Grands Lacs. Toutefois, les offensives successives du M23 avaient déjà suscité des interrogations sur leur efficacité réelle.
Malgré les sanctions imposées début mars 2026 contre certains responsables des RDF, les affrontements actuels illustrent la fragilité persistante des engagements diplomatiques.
Une nouvelle menace humanitaire
Le retour des combats intervient alors que plusieurs familles déplacées, notamment réfugiées au Burundi, commençaient à regagner leurs villages.
Cette nouvelle escalade ravive les craintes d’une crise humanitaire majeure dans une région déjà profondément marquée par des décennies de violences armées, de déplacements forcés et d’instabilité sécuritaire.
Alors que la situation reste extrêmement évolutive, les regards se tournent désormais vers les autorités congolaises et les partenaires internationaux, appelés à renforcer les efforts diplomatiques et sécuritaires afin d’éviter une nouvelle aggravation du conflit dans l’est du pays.
Alexis Ketinda








