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Destins croisés : Clément Dibwe plaide pour « l’utilité avant le bonheur »

Destins croisés : Clément Dibwe plaide pour « l’utilité avant le bonheur »

Dans une tribune à la fois littéraire et sociale, Clément Dibwe livre une réflexion profonde sur l’indifférence, la solidarité et la responsabilité collective à travers son roman Destins croisés.

L’auteur décrit Kinshasa comme une « ville-océan » où se mêlent rêves brisés, débrouille quotidienne et survies silencieuses. Entre marchés populaires, ruelles animées et immeubles aux promesses inachevées, le roman se veut le miroir d’une société tiraillée entre lumière et obscurité.

Pour Clément Dibwe, Destins croisés dépasse le simple cadre romanesque. L’ouvrage constitue, selon lui, un appel à retrouver les valeurs humaines fondamentales dans une société marquée par la fatigue morale et l’habitude de l’indifférence.

« Le premier pas vers l’inhumain n’est pas la haine […] c’est cette indifférence douce-amère qui nous fait détourner le regard », écrit-il.

L’auteur insiste sur la nécessité de redonner à la bienveillance et à l’entraide une place centrale dans la société congolaise. Selon lui, un geste simple, une présence ou une aide discrète peuvent parfois empêcher des drames silencieux.

Dans cette tribune, Clément Dibwe oppose également la quête individuelle du bonheur à ce qu’il considère comme une exigence sociale plus importante : l’utilité envers les autres.

« Notre devoir n’est pas d’abord d’être heureux, mais d’être utiles », affirme-t-il, dénonçant au passage une société dominée par les apparences, l’ostentation et la recherche du confort personnel au détriment de la solidarité.

S’appuyant sur une pensée de Victor Hugo, l’auteur rappelle que la misère n’est pas uniquement une fatalité, mais aussi le résultat de choix sociaux et moraux. Il plaide ainsi pour des investissements dans l’éducation, la protection sociale et les structures de soins accessibles.

Clément Dibwe critique par ailleurs une « philanthropie de vitrine » limitée à des gestes ponctuels et appelle à une solidarité plus structurante, capable d’agir sur les causes profondes de la précarité.

À travers cette tribune, l’auteur invite enfin les lecteurs à transformer l’émotion suscitée par la littérature en action concrète.

« Lire, comprendre, agir : tel est le triple impératif que ce roman nous adresse », conclut-il, estimant que le véritable danger pour une société commence lorsque ses membres cessent « de pleurer ensemble ».

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