Douze mouvements citoyens de la province du Sud-Kivu ont publié, ce 25 mai 2026, un communiqué conjoint dans lequel ils adressent une sévère interpellation aux 32 députés nationaux élus de la province, accusés de silence et d’inaction face à la crise sécuritaire, humanitaire et économique qui secoue la région depuis plus d’une année.
Dans ce document intitulé « Interpellation citoyenne des 32 élus du Sud-Kivu par les mouvements citoyens face à la crise actuelle », les organisations dénoncent la dégradation continue des conditions de vie à Bukavu et dans plusieurs territoires du Sud-Kivu, marqués notamment par la présence de l’AFC/M23, la fermeture des frontières, l’effondrement des activités économiques ainsi que l’inefficacité du système bancaire.
Les signataires reprochent aux élus nationaux du Sud-Kivu de ne pas avoir suffisamment exercé leur mission de contrôle parlementaire ni porté la voix des populations affectées par la guerre et la crise humanitaire. Ils estiment que les députés sont restés « silencieux » face aux souffrances de la population, préférant, selon eux, demeurer à Kinshasa loin des réalités du terrain.
Le communiqué critique également le débat actuel autour d’un éventuel changement ou d’une révision de la Constitution en RDC. Les mouvements citoyens considèrent qu’une telle initiative, dans un contexte de guerre et d’instabilité sécuritaire, risquerait d’aggraver les tensions politiques et de détourner l’attention des priorités nationales.
Les organisations signataires appellent ainsi les députés nationaux du Sud-Kivu à prendre publiquement position sur les enjeux constitutionnels, à exiger du Gouvernement des réponses concrètes à la crise sécuritaire et humanitaire, ainsi qu’à renforcer le contrôle parlementaire sur la gestion des ressources destinées à la province.
Parmi les principales revendications figurent également la transparence dans la gestion des fonds publics et des aides humanitaires alloués au Sud-Kivu, ainsi qu’un engagement plus ferme des élus contre « l’impunité, l’arbitraire et l’abandon des provinces meurtries par la guerre ».
Le communiqué est signé notamment par les mouvements citoyens LUCHA, FILIMBI, Front Citoyen, Génération Z RDC, Parlement de la Rue, Non Violence Academia et plusieurs autres organisations de la société civile du Sud-Kivu.
Alexis Ketinda








