L’épidémie d’Ebola de souche Bundibugyo continue de susciter de vives inquiétudes en République démocratique du Congo. Lundi soir, le ministre de la Santé publique, Samuel Roger Kamba, a dressé un nouveau bilan faisant état de 513 cas suspects et de 131 décès enregistrés dans plusieurs zones affectées.
Selon les autorités sanitaires, l’épidémie touche désormais six zones : Mongbwalu, Rwampara, Bunia et Nyankunde, dans la province de l’Ituri, ainsi que Butembo-Katwa et Goma, au Nord-Kivu.
Le ministre a toutefois tenu à préciser que l’ensemble des décès recensés ne peut pas encore être attribué avec certitude au virus Ebola. Des investigations médicales et épidémiologiques sont toujours en cours afin d’établir les causes exactes des décès signalés.
Samuel Roger Kamba a également reconnu que certaines croyances locales ont compliqué les efforts de riposte. Dans plusieurs communautés, la maladie aurait été perçue comme un phénomène mystique, retardant ainsi la détection des cas et favorisant la propagation du virus.
Déclarée officiellement le 15 mai par les autorités congolaises, cette flambée constitue la 17e épidémie d’Ebola enregistrée en RDC depuis l’apparition du virus en 1976. La situation a désormais une dimension régionale avec des cas signalés en Ouganda voisin. Selon Africa CDC, deux cas confirmés et un décès ont déjà été enregistrés à Kampala.
Les spécialistes rappellent que la variante Bundibugyo, responsable de cette épidémie, est génétiquement distincte des souches apparues en 2007 et 2012. À ce jour, aucun vaccin ni traitement spécifique approuvé n’est disponible contre cette souche, ce qui complique d’avantage la réponse sanitaire.
Face à la menace, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclenché, le 17 mai, une urgence de santé publique de portée internationale. De son côté, Africa CDC a déclaré une urgence de santé publique de sécurité continentale, une première pour Ebola en Afrique, tout en mobilisant deux millions de dollars afin de soutenir la coordination de la riposte.
S. Sakina








