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« La Constitution de 2006 est la formalisation de toute la lutte de l’UDPS et d’Etienne Tshisekedi » (Prof Mampuya)

"La Constitution de 2006 est la formalisation de toute la lutte de l’UDPS et d’Etienne Tshisekedi" (Prof Mampuya)

Dans une récente interview accordée à Top Congo Fm, Auguste Mampuya, professeur émérite de Droit et l’un des rédacteurs de la Constitution de 2006, a affirmé que ce texte fondateur représente “la formalisation de toute la lutte de l’UDPS et d’Étienne Tshisekedi”. Cette déclaration met en lumière le rôle central que le leader historique de l’UDPS a joué dans l’élaboration de la Constitution, ainsi que les circonstances qui ont conduit à sa rédaction.

Un Processus Écrit Autour d’Étienne Tshisekedi

Le professeur Mampuya se remémore comment “tout s’est fait autour d’Étienne Tshisekedi”, soulignant l’importance de sa vision et de son leadership dans le processus constitutionnel. Il révèle également qu’il a personnellement rédigé l’article 220, un “verrou” conçu pour protéger les avancées démocratiques du pays.

Ce contexte historique est essentiel pour comprendre les motivations derrière les choix constitutionnels, notamment l’inclusion de mécanismes destinés à prévenir les dérives autoritaires. Mampuya insiste sur le fait que la Constitution de 2006 n’a pas été le résultat d’influences étrangères, contredisant les affirmations du Chef de l’État.

Origines Congolaises de la Constitution

Contrairement aux idées reçues, Auguste Mampuya précise que “la Constitution de 2006 a ses origines dans les travaux de la commission constitutionnelle du Sénat de transition tenus à Simisimi, Kisangani”. Selon lui, cette première mouture n’a pas été dictée par les belligérants congolais. Le seul expert étranger impliqué dans le processus, le professeur sénégalais El Hadj Mbodj, n’a pas eu un rôle déterminant dans l’écriture du texte.

Le professeur souligne que les contributions d’autres personnalités étrangères, telles que le professeur Bob Kabamba et quelques experts belges, ont été très limitées, leur présence étant principalement symbolique.

Article 217 : Un Héritage Historique

L’article 217, souvent critiqué, est présenté par Mampuya comme ayant été rédigé pour la première fois sous le régime de Mobutu en 1967. “C’était le sommet de l’Union africaine, ce qui lui confère une forte symbolique”, ajoute-t-il. Ce rappel historique souligne les racines profondes des préoccupations liées à la gouvernance et à la démocratie en RDC.

Incompréhension autour des Déclarations Présidentielles

Les révélations de Mampuya soulèvent une incompréhension face aux déclarations récentes du président de la République, fils d’Étienne Tshisekedi. Ce dernier a affirmé que la Constitution a été rédigée par des étrangers et que celle-ci ne facilite pas la tâche à l’exécutif pour répondre aux attentes du peuple souverain. Cette position semble contredire l’héritage laissé par son père et suscite des questions sur l’interprétation et l’application des principes démocratiques inscrits dans la Constitution. Le fossé entre cette perception et l’histoire réelle du texte constitutionnel pourrait compliquer davantage les efforts du gouvernement pour satisfaire les aspirations du peuple congolais.

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