Kinshasa, 19 février 2025 – Le Vice-Premier Ministre, Ministre de l’Intérieur, Sécurité, Décentralisation et Affaires coutumières, Jacquemain Shabani Lukoo, a présidé ce mercredi une réunion d’évaluation consacrée à la mesure de circulation alternée, plus connue sous le nom de “route à sens unique”, en vigueur dans plusieurs artères de la capitale.
Cette rencontre stratégique, tenue au cabinet du VPM, a réuni des responsables clés dans la gestion de la mobilité à Kinshasa, dont le Vice-Premier Ministre et Ministre des Transports, Jean-Pierre Bemba, le Gouverneur de la ville de Kinshasa, Daniel Bumba, ainsi que des représentants des forces de l’ordre et des services techniques du ministère des Transports, notamment la Commission Nationale de Prévention Routière (CNPR).
Une mesure contestée et peu efficace
Depuis sa mise en place, la circulation alternée avait pour objectif de désengorger les principaux axes routiers de Kinshasa et de réduire les embouteillages chroniques qui paralysent régulièrement la capitale. Toutefois, selon les conclusions de cette réunion, l’impact de la mesure a été jugé insuffisant, voire contre-productif à certains endroits.
De nombreux automobilistes et opérateurs de transport avaient exprimé leur frustration face à des détours rallongés, des retards importants et une augmentation des embouteillages sur les axes secondaires.
La suspension effective dès le 25 février
Après une évaluation approfondie des retombées de cette politique de circulation, le gouvernement a décidé de suspendre la circulation alternée à partir du 25 février 2025. Cette décision, bien que temporaire, vise à soulager les usagers de la route tout en laissant la place à la mise en œuvre de solutions plus adaptées.
Le VPM Jacquemain Shabani a souligné que la suspension de cette mesure est transitoire et ne constitue pas un abandon de la recherche de solutions pour fluidifier le trafic.
Une commission pour planifier des solutions durables
Pour éviter les erreurs du passé et adopter une approche plus structurée, une commission du gouvernement central a été mise en place pour appuyer l’administration provinciale dans la gestion de la mobilité urbaine.
Cette commission aura pour mission de :
- Évaluer les points de congestion majeurs dans la capitale
- Proposer des solutions structurelles et adaptées aux spécificités de chaque axe routier
- Planifier des travaux de réhabilitation et d’aménagement des routes stratégiques
- Renforcer la coordination entre la police routière et les autorités locales
Le Ministère des Transports et la CNPR joueront un rôle clé dans l’élaboration de ces nouvelles mesures, tout en veillant à associer les parties prenantes, notamment les associations de transporteurs, les conducteurs et les riverains.
Les Kinois entre espoir et scepticisme
Si certains Kinois saluent la décision de suspendre la circulation alternée, espérant une amélioration rapide des conditions de circulation, d’autres restent sceptiques quant à la capacité des autorités à mettre en place des solutions efficaces.
Les habitants de Kinshasa rappellent les défis chroniques qui affectent la mobilité urbaine : saturation des routes, absence d’infrastructures modernes, mauvais état de certaines artères, problèmes de gestion du trafic et indiscipline routière
En attendant une solution globale
La suspension de la circulation alternée intervient donc comme un soulagement temporaire, mais la pression reste forte sur les autorités pour qu’elles proposent une solution durable au casse-tête de la circulation dans la plus grande métropole de la RDC.
Les Kinois attendent désormais que les travaux de la commission aboutissent rapidement à des projets concrets, pour enfin voir la fin des interminables embouteillages qui paralysent la ville aux heures de pointe.








